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‘Piku’ – Revue de film

‘Piku’ est un film qui agit sur les sentiments tel un bouillon de poulet chaud, le genre de nourriture qui vous calme, qui réchauffe les coques de votre cœur et, plus important encore, ne dérange pas votre système digestif. Peut-être, le genre de nourriture idéal pour l’un des protagonistes du film, septuagénaire Bhashkor Banerjee (Amitabh Bachchan), qui souffre perpétuellement de constipation. Banerjee (ainsi que le texte, d’ailleurs) est obsédé par ses voies bloquées et insiste à chroniquer et à décrire de ses fèces particulièrement irrégulières.

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La vie de sa fille Piku (Deepika Padukone) tourne mal gré autour des rituels de toilette de son père, affectant ainsi sa carrière, ses humeurs, et en contrecarrer toutes ses chances de rencontrer un homme décent à épouser. Piku est une professionnelle brillante et une femme libérée qui prend un attitude plutôt relax par rapport à ses rapports sexuels occasionnels avec son partenaire d’affaires (Jisshu Sengupta), les défendant comme rien d’autre qu’un «besoin» devant son vieux père. Cependant, le point crucial de l’histoire est la dichotomie que Piku est aussi la fille indienne « idéale » qui, en dépit de savoir que son père contrecarre « égoïstement » ses possibilités de mariage à cause de sa peur de la voir partir, elle ne réagit pas vraiment. Elle vide son sac quand même en râlant constamment à son père taré ou à sa dynamique maasi (Maushumi Chatterjee). La maasi est la seule qui réussit à esquiver, à sa manière, les piques excentriques de Banerjee.

Entre alors Rana Chaudhury (Irrfan), un ingénieur échoué, mais un homme extrêmement patient, qui a réussi à ne pas perdre son sens de l’humour en dépit d’une vie pas terrible.

Le film fonctionne à plusieurs niveaux. C’est une histoire rare tissée autour du lien fascinant entre père et fille, et il montre tel qu’il est, sans mélodrame ni passer sur les vérités amères ou des défauts de la personnalité. La narration qui coule de manière lisse (pardonnez tout jeu de mots) fait du film un plaisir à voir et vous êtes impliqués avec la famille Banerjee dès le départ, et de plus en plus au travers le film. La narration devient un peu plate et décevante sur certains moments, mais heureusement, reçoit un coup d’énergie avec l’entrée de Irrfan.

Metteur en scène Shoojit Sircar est évidemment comme un coq en pâte avec le ‘Kaalture’ bengali, et ce confort se reflète sur l’écran. Le scénario vif et des dialogues charmants executés par Juhi Chaturvedi complimentent l’humeur alors que le duo nous emmène à travers une sorte d’expérience de tranche de vie délicieuse du type Basu Chatterjee et Hrishikesh Mukherjee. Cependant, l’on souhaiterait voir moins de ‘Bengalisme’ fourré inutilement dans certaines scènes. Des références subtiles auraient été mieux.

Deepika a fait un bon effort – dans la priemière moitié, sa performance s’avoisinait au jeu de comédie, mais elle est excellente dans la seconde moitié. Ce ne fût pas un rôle facile à jouer pour l’actrice qui a aiguisé son talent de façon plutôt impressionnante. Mais sans aucun doute, le film appartient aux deux puissances de talent, les deux gentlemen, Bachchan et Irrfan. C’est un vrai régal de voir ensemble, quand on les voit tout semble si facile, méritant aucun effort, et absolument crédible. Irrfan, sans doute un des meilleurs acteurs que nous avons, a certaines des lignes les plus drôles et leur rend pleinement justice.

Allez le voir celui-ci, d’autant plus si vous êtes Bengali. Je suis sûr que vous ne vous arrêterez pas de sourire pour toute la durée, qui est plus de deux heures.